Ces mots, choisis pour nommer l’un des services communautaires actif également dans notre Région, évoquent des engagements qui font partie de ce que l’Eglise désigne aussi par le terme de diaconie.

La diaconie n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns. Elle est un appel que le Christ adresse à toute personne qui désire le suivre et s’engager pour les valeurs présentes dans la bonne nouvelle que Jésus a transmise en paroles mais aussi en actes.

Parmi les nombreux textes bibliques qui témoignent de ces actes, le récit du chapitre 13 de l’Evangile de Jean, versets 1 à 17, en est une belle illustration. Dans ce passage, Jésus se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples. Si cette attitude souligne la valeur du service, elle est également appel à non seulement donner mais aussi à recevoir.

Pierre, l’un des douze disciples, a eu de la peine à comprendre cela. Il avait très bien saisi l’importance de donner et de se mettre au service des autres mais il avait oublié qu’il devait accepter lui aussi de recevoir.

Lorsqu’il a vu Jésus se mettre à genoux devant lui, il lui a fait part de sa désapprobation : « Non, Seigneur, jamais tu ne me laveras les pieds ». Jésus lui a dit : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi ». Pierre a alors accepté d’être lavé lui aussi et il a découvert, comme les autres disciples, le don que Jésus offre à toute personne qui s’engage à sa suite et que le Christ illustre à travers le lavement des pieds, acte que le Pape François a qualifié de « caresse de Dieu ».

Jésus illustre ainsi l’invitation qu’il adresse aux disciples de tous les temps, invitation à recevoir le bien-être que Dieu veut offrir à chacun, bien-être non seulement pour le corps, mais aussi pour l’âme et l’esprit. Nous sommes encouragés à accueillir ces bienfaits, à nous laisser renouveler mais aussi libérer.

En marchant sur le chemin de la vie, il y a souvent des poussières qui collent à nos pieds. Ces poussières, qui peuvent porter les noms de découragement, injustice, incompréhension, erreurs, doutes et tant d’autres noms encore, salissent nos pieds. Ceux-ci peuvent même être parfois blessés. Jésus nous rappelle alors l’importance de nous laisser laver, soigner et libérer de tout ce qui entrave notre marche.

En nous invitant à recevoir tout cela, Jésus nous enrichit pour nous permettre de pouvoir donner à notre tour. C’est ce que rappelle le Christ à ses disciples en leur disant : « Si je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ».

En apprenant à recevoir, nous ne nous approchons plus de la même manière des autres. Nous ne cherchons pas à aider seulement avec nos propres forces mais aussi avec celles que Dieu nous offre et que les autres peuvent également nous donner. Il n’y a plus alors une personne qui donne et l’autre qui reçoit, mais il y a échange.

Cela donne de la dignité à chacun. Il n’y a pas de condescendance. Il y a de part et d’autre des humains qui tous, sans exception, ont quelque chose à recevoir et à offrir. Cela nous conduit vers une solidarité qui tient compte de cette richesse et qui veille ainsi à faire éclore ce que Dieu dépose dans le cœur de chacun. Un texte, proposé par l’équipe des collègues de la Pastorale de la Rue, a exprimé cela en disant : « Il y a en tout homme des choses à naître, il en faut si peu pour qu’elles éclosent : un regard, un geste, une poignée de mains, un effleurement des yeux ou des lèvres « .

Nous retrouvons un tel geste dans l’attitude de Jésus qui lave les pieds de ses disciples et qui leur permet ainsi de prendre conscience de la considération qu’il leur porte, du regard qu’il pose sur eux. Un regard que le Christ pose sur nous aussi et au travers duquel nous pouvons également découvrir la confiance et l’amour qu’il nous manifeste.

C’est forts de cette confiance et de cet amour que nous pouvons alors nous mettre au service les uns des autres, en étant attentifs non seulement à ce que nous pouvons donner mais aussi à ce que nous recevons de Dieu et de nos semblables. Ces dons sont nombreux et nous en avons déjà toutes et tous été bénéficiaires, dans notre vie quotidienne mais aussi au sein des groupes paroissiaux et régionaux auxquels nous participons.

Anita Baumann, diacre