Ce culte s’inspire, largement et librement d’un culte radio, célébré par mon collègue Pierre Boismorand, pasteur à Martigny. Les textes liturgiques sont tirés du Petit livre de célébrations, Wild Goose Resource Group, Traduit de l’anglais (Écosse) par Béatrice Perregaux Allison, Préface de Félix Moser, OPEC, Olivétan, 2017 (1999 pour la première édition anglaise), 183 pages.

 

L’apôtre Paul écrit à son ami Timothée (chapitre 5 versets 23) : « Ne bois pas seulement de l’eau. Prend un peu de vin à cause de ton estomac, puisque tu es souvent malade ».

Nous vivons d’autres temps ! Mais la vigne a toujours la même place : dans le paysage sur les coteaux et dans les cœurs… par les couleurs et les saveurs… lors des fêtes et à l’Eglise… sur nos tables et dans la Bible.

L’allégresse des noces de Cana ! La vigne d’Israël, tant aimée par l’Eternel ! Les coupes débordantes de la Pâque ! Et le vin utilisé par le Bon Samaritain pour soigner l’homme blessé au bord du chemin. Et ce verset étonnant du prophète Zacharie (Za 9, 17). « Le blé donnera de la force aux jeunes gens,  Et le vin nouveau en donnera aux jeunes filles ».

 

1 – Liturgie de la splendeur de Dieu

 

a – Prière de l’accueil de Dieu

Au début,

Avant les temps, avant les gens,

Avant le commencement du monde,

Dieu était

Ici et maintenant

Parmi nous, à nos côtés

Entraînant les peuples de la terre

Dans les projets du ciel,

Dieu est

Dans l’avenir,

Quand nous seront retournés à la poussière

Et que tout ce que nous connaissons

aura trouvé son accomplissement

Dieu sera

Pour se réjouir du monde

et pour le libérer en Jésus-Christ

par la puissance du Saint-Esprit,

Dieu était

Dieu est

Dieu sera / c’est toi seigneur qui nous unis.

Amen

 

b – Prière des visages sombres

Dans l’ancien Israël, un coin de champ était réservé aux pauvres. Les épis tombés des bras des moissonneurs devenaient leur propriété, de même que la gerbe oubliée après l’engrangement.

Le pauvre pouvait aussi consommer le raisin sur le pied de vigne, jusqu’à être en rassasié, à condition de ne pas emporter de fruits.

Le chapitre 24 du Deutéronome dit :

« Quand tu vendangeras ta vigne, tu ne cueilleras point ensuite les grappes qui y seront restées : Elles seront pour l’étranger, pour l’orphelin et la veuve ».

Daniel Nocquet

 

Seigneur notre Dieu nous te disons notre peine devant la misère du monde, notre souffrance face aux pauvretés matérielles, psychologiques, relationnelles. Nous te disons notre tristesse face à la pauvreté de certaines vies, à la pauvreté de certains moments de notre existence. Nous te disons tout cela dans le secret de nos cœurs.

Seigneur aie pitié de nous.

 

c – Prière de l’amour de Dieu

Les psaumes le rappellent sans cesse : Dieu offre le pardon, la miséricorde, la bienveillance

Au Psaume 104 (15) :

« Seigneur, la terre se rassasie du fruit de ton travail :

Tu fais pousser l’herbe pour le bétail, les plantes que cultive l’homme, tirant son pain de la terre.

Le vin réjouit le cœur des humains, en faisant briller les visages plus que l’huile… Le pain réconforte leurs cœurs ».

Et au Psaume 107 (35-38) :

« Seigneur, tu changes le désert en nappe d’eau et la steppe en source.

Tu y fais habiter des affamés qui fondent une ville.

Ils ensemencent des champs, plantent des vignes, ils en récoltent les fruits…« .

Merci Dieu Notre Père, pour tes innombrables bénédictions, pour ton inlassable tendresse et pour ton pardon.

Amen

 

2 – Liturgie de la parole de Dieu

 

Prière pour accueillir la Bible

Prions… :

Comme une bonne bouteille de vin doit reposer

pour laisser déposer la lie,

Faisons halte en nous-mêmes,

Afin que les troubles de nos cœurs puissent se clarifier,

Que toutes nos inquiétudes puissent décanter,

Et que nous nous sentions vraiment apaisés…

 

Et comme un vin harmonieux se laisse boire avec délices, 

Seigneur que ta Parole,

Qui a du corps et de la souplesse, un goût fruité et généreux,

Nous réjouisse sans nous faire tourner la tête, 

Et nous permette de nous bonifier, aujourd’hui

et avec le temps.

Amen

 

La vie comme une bouteille de vin ?

Imaginons note vie comme celle de quelqu’un qui possède de bonnes bouteilles de vin.

Peut-être parfois, nous nous contentons de lire l’étiquette et de la mettre à la cave pour la laisser vieillir. Plus tard peut-être … si d’ici là elle n’a pas tourné en vinaigre.

D’autres fois, nous choisirons de l’ouvrir. Pour la savourer à belles gorgées, pour la partager avec des amis ?

Eh oui, parfois nous savons tirer le meilleur parti de notre existence et parfois vivoter nous suffit.

Pour le théologien Anthony de Mello, « La vie ressemble à une bouteille de vin capiteux. Certains se contentent de lire l’étiquette. D’autres dégustent le contenu« …

Moi je dirais plutôt, parfois nous en dégustons le contenu et d’autres fois nous nous contentons de lire l’étiquette.

 

a – Quand est-ce que nous nous contentons de lire l’étiquette ?

 

Nous nous contentons de lire l’étiquette lorsque nous refusons d’être heureux ! Lorsque nous nous interdisons le plaisir, lorsque nous développons des comportements négatifs dès qu’il est question : de nous-même !

« Se contenter de lire l’étiquette« , cela arrive souvent. Et à tous. C’est comme si l’on est invité au restaurant par quelqu’un qui veut nous faire plaisir … et nous prenons le menu le moins cher ! … pour ne pas exagérer… pour ne pas passer pour un profiteur, pour montrer que nous sommes raisonnables, etc. Qui n’a jamais eu dans son existence, ce genre de comportement ? Alors que la personne n’est pas stupide, elle nous a sans doute invité dans un restaurant dans ses moyens. Et si nous avions cette attitude tout simplement, parce qu’au fond de nous-même, nous avons le sentiment de ne pas mériter un tel cadeau ?

 

C’est Dieu qui a créé les enchantements

 

J’ai pris cette image du restaurant, mais chacune et chacun fait, à sa manière, cette expérience de ne pas avoir, une fois ou l’autre, eu le courage de sauter à pied joint dans un bonheur qui se présentait.

Parfois nous pensons faire ainsi plaisir à Dieu, en repoussant les bienfaits de la création. Comme si refuser les bienfaits de la création était un signe de respect pour le créateur !

Or Dieu, au contraire, nous encourage et nous dit : « C’est bien, c’est bon… fait-le, vas-y, n’ait pas peur, lève-toi et marche«  … C’est Dieu qui a créé les enchantements de l’amour … la grâce des réussites … la liesse des bons repas … la douceur et tous les autres bienfaits pour que la vie puisse nous sourire.

Accueillons ce qui nous est donné …

Aimons et honorons la vie dont nous avons été gratifiés …

Sentons-nous favorisés, justifiés, choyés …

Même si tout ne va pas comme nous l’espérons !

Même si nous traversons des souffrances physiques, morales … une crise d’angoisse ou des difficultés.

 

b – Christ a choisi de demeurer en nous

Et pour passer de l’amertume à la gratitude, des récriminations à la louange, prenons conscience que Jésus-Christ s’est… relié à nous !

Il a choisi de demeurer en nous.

Comme le cep est inséparable du sarment, Jésus s’est attaché à nous ! Et, par conséquent Dieu s’est attaché à nous. L’évangile dit « Il demeure en nous« , autrement dit, il s’attache à nous, il nous porte de l’affection, il manifeste inlassablement sa bonté et son amitié.

Se rendre compte de cette présence du Christ en nous permet d’être plus indulgent envers soi-même …  et nous encourage à nous laisser irriguer par sa sève … afin que ce soit Lui qui nous guide et inspire nos paroles, nos actes et les accorde parfaitement à son amour !

Ainsi ajustés à Lui, nous pouvons aimer ! Nous pouvons nous aimer. « Aimer son prochain » découle de l’amour que l’on a pour soi-même, qui ne s’aime pas, ne peut pas aimer l’autre.

 

La sève de Dieu coule en nous

 

« Je suis la vigne véritable – dit Jésus – Quiconque ne demeure pas attaché à moi, se dessèche …! »

 

« Se dessécher »Ne jamais rien céder … faire preuve de dureté de cœur, de sévérité, d’étroitesse d’esprit … Et finalement, nourrir de la tristesse ou de la rancœur, c’est ce qui menace chacun et chacune. Meilleur antidote contre ce dessèchement : se rappeler sans cesse que la sève de Dieu coule en nous. Jésus est le cep et nous sommes les sarments, la sève vient du cep et irrigue les sarments. Donc la sève de Dieu coule en nous.

Lorsque nous prenons conscience que Christ, c’est-à-dire Dieu est attaché à nous, nous pouvons ouvrir plus facilement la bouteille pour boire ensemble à la vie et à l’amitié au lieu de regarder l’étiquette.

Car Dieu est là et il s’est attaché à chacun…

Alors, laissons-le arriver jusqu’à notre cœur pour le toucher. Laissons-le transformer notre intelligence et nos attitudes…, afin que son amour s’exprime à travers nous.

 

c – Dieu veut que nous soyons heureux

Car la volonté de Dieu, c’est que nous soyons… heureux ! Quoi qu’il arrive et quoi qu’il nous arrive : « Je vous ai dit cela pour que vous ayez ma joie, et pour que votre joie soit parfaite ! ».

Nous sommes les sarments dit Jésus et qui observe la nature dira : ce sont les sarments qui donnent des fruits ! Et nous donnons du fruit.

… Nous avons tous déjà mangé une grappe de raisin : elle est faite de dizaines de petits grains …

Aucun n’est exactement semblable aux autres.

Mais chaque grain a du goût, du sucre, un jus rafraîchissant et même des pépins …

Nous donnons du fruit lorsque nous offrons un grain lumineux, doré par le solei,l à ceux qui sont assombris

Nous n’avons pas de grain lumineux, doré par le soleil ?

Mais nous avons peut-être à donner un grain altruiste … pour ceux qui ont besoin d’une aide, qu’elle soit matérielle ou affective.

Nous n’arrivons pas à donner ce grain altruiste ?

 

                                                              Nous donnons du fruit

 

Alors faisons le cadeau d’un grain positif, un grain de fantaisie, gorgé de douceur, destiné à ceux pour qui tout est bloqué.

Ou d’un grain d’écoute et d’attention … pour ceux qui cherchent à se confier.

Ou d’un grain de raisin noir ou blanc, pour ceux qui rejettent les autres.

Ou même d’un grain éclaté pour ne rien cacher de nos faiblesses.

Mais nous donnons du fruit.

Puisque telle est notre vocation.

Quelle joie de pouvoir donner … de simples choses …

de bonnes choses.

Des fruits et de l’amour qui viennent de nous

et de plus loin que nous.

Amen.

 

Enlever une partie des bourgeons

Comme chacun sait, le chasselas donne du chasselas et le pinot noir du pinot noir. Il ne viendrait à personne l’idée de demander au chasselas de donner à la fois du vin blanc pour ceux qui l’aiment et du vin rouge pour ceux qui préfèrent le rouge. Nous avons souvent tendance à vouloir donner plus que ce que notre nature nous permet de donner, tendance souvent accentuée par les autres qui aiment nous solliciter.

Et puis, pour que le vin soit bon, il faut enlever une partie des bourgeons et certaines grappes pour que les autres se développent. Notre désir naturel nous pousse à vouloir donner beaucoup de grappes, comme le sarment, laissé à lui-même donne beaucoup de bourgeons. Comme le sarment ne peut pas donner tout ce que ses bourgeons « souhaiteraient », notre nature ne peut donner autant que ce que notre désir naturel nous pousserait à donner.

Parfois l’entourage ne le comprend pas. C’est la différence avec la vigne : le vigneron ne lui demande pas toujours plus, au contraire ! Nous parfois, nous devons nous émonder nous-même. Pas toujours facile 

C’est un exercice spirituel : regarder les beaux grains que nous donnons et ne pas regretter ce que nous avons dû émonder. La sève du Christ nous permet de donner uniquement notre cépage et en quantité limitée.

Même si certains, certaines voudraient que vous en donniez davantage, vous êtes irrigués par la sève du Christ et Dieu voit les fruits que vous donnez, il ne vous demande pas de produire tout pour tous, il a suffisamment de cépage dans la vigne pour que chacun et chacune puisse trouver son bonheur sans vous pomper toute votre sève !

 

3 – Liturgie du partage

 

Prière pour les autres et pour nous

 

Prions pour les enfants qui naîtront cette semaine

et bénissons-les au nom de Jésus.

 

Que La joie de Dieu rayonne de vos visages

pour tous ceux et celles qui vous verront ;

Que le bouclier de Dieu vous protège,

que les anges vous gardent toujours.

 

Que chaque saison soit bonne pour vous

Et que Jésus vous donne la paix

 

Prions pour ceux et celles qui travailleront cette semaine

et bénissons-les au nom de Jésus.

 

Que Dieu bénisse pour vous

la terre sous vos pieds

Le chemin que vous prenez

le travail de vos mains et de votre esprit

les choses que vous espérez.

 

Et quand la semaine sera passée,

Que Dieu bénisse votre repos

 

Prions pour ceux et celles qui voyageront cette semaine

et bénissons-les au nom de Jésus.

 

Que Le Christ vous garde tout autour ;

que Dieu par sa présence veille sur vous,

qu’il soit en vous et vous protège

de tout danger et de toute perte.

 

Que la bonne nouvelle du Dieu de grâce

Vous bénisse de la tête aux pieds

Que la bonne nouvelle du roi des cieux

Enveloppe votre corps et votre esprit.

Et qu’il en fasse votre foyer à jamais

 

Et prions pour nous-mêmes.

 

Permets-nous, grand Dieu

De passer cette semaine

Comme les saints la passent au ciel

D’être présents à cette semaine

Comme le peuple du ciel lui est présent

De traverser cette semaine

Comme la communauté du ciel

Et d’aimer cette semaine

Que tu as créée.

 

Amen