Jésus mort pour nous

Il y a une différence entre « Jésus est mort pour nous » et « Jésus est mort à cause de nous. » Les paroles du cantique Alléluia 33-11 : tu meurs pour les coupables…  et bien d’autres encore, confondent «se sacrifier pour ses enfants » et « se sacrifier à cause de ses enfants ». Par ailleurs, le mot sacrifice dans la Bible ne désigne pas la même chose que notre concept du sacrifice.

Ce culte part du verset de Paul « Ils vivent pour le Christ qui est mort pour eux et qui pour eux, s’est réveillé de la mort. » (2 corinthiens 5.15)

 

Acclamation d’ouverture

Parmi les pauvres

Parmi les orgueilleux

Parmi les persécutés

Parmi les privilégiés

Christ vient faire toute chose nouvelle

Par une caresse pleine de tact

Dans une parole de colère

Par une conscience claire

Dans un amour brûlant

Christ vient faire toute chose nouvelle

En nous et sans nous

Avant nous et après nous

Ici et partout

Aujourd’hui et toujours

Christ vient faire toute chose nouvelle

D’après un texte de la communauté d’Iona

 

Prière de la joie

Merci mon Dieu

de me surprendre, quand je suis habitué,

de me reprendre, quand je suis perdu.

Merci d’être

un Dieu vivant, qui se met en quête des humains,

Un Dieu qui vient et non un Dieu qui demeure.

Dieu vivant, tu es vivifiant.

Merci mon Dieu

Parce que tu es patient.

Tu es endurant sans être dur.

Tu ressurgis, là où tu fus négligé ou rejeté.

Et tu te tournes sans cesse vers nous.

Dieu vivant, tu ne renonces pas.

Merci mon Dieu

Parce que tu es nouveau.

Je me languissais de ta permanente identité.

Mais voici que je t’entends différemment,

Comme si je m’étais fatigué d’un autre que toi.

Dieu vivant, tu es profond.

Paraphrase André Dumas

 

Exprimons ce qui nous sépare du monde de Dieu en entrant dans la prière des visages sombres …

Seigneur, Je désire être écouté

Et voilà que j’entends des conseils

Je désire exprimer mes sentiments

Et voilà que j’entends : il ne faudrait pas ressentir cela

Je désire confier mes soucis

Et voilà que j’entends :

Agis ainsi pour résoudre tes problèmes

 

Seigneur, Je désirais être écouté

Et ils ont fait quelque chose

Je désirais exprimer mes hésitations

Et ils ont agi à ma place

Je désirais confier mon découragement

Et ils m’ont pris pour quelqu’un de faible

 

Seigneur, j’ai besoin d’être accepté tel que je suis

Avec mes sentiments irrationnels

Avec mes erreurs de jugement

Avec mon manque d’énergie

 

Seigneur aie pitié de moi

Source : archives C D

 

Mais Dieu est avec nous, recevons la prière de l’amour de Dieu

Moi, dit le Seigneur

Je n’agis pas à ta place car tu n’es pas impotent,

Je ne résous pas ton problème car tu peux le faire toi-même

Je ne fais pas ton travail car tu veux être fier de son résultat

Moi, dit le Seigneur

Je t’accueille tel que tu es

Avec tes sentiments irrationnels

Avec tes hésitations et ton découragement

Avec tes manques et tes faiblesses

Moi, dit le Seigneur

Je vois le fossé qui te sépare de mon Royaume

Mais je viens moi-même le combler

Pour te donner part à mon éternité

Amen

 

Jésus savait-il qu’il allait mourir ? Sans doute oui, plusieurs passages des évangiles l’attestent, Jésus savait, ou au moins se doutait, qu’il allait mourir. En réalité, de par son comportement dans la société de l’époque, c’était une fin logique. A de nombreuses reprises, dans les évangiles, Jésus annonce sa fin probable.

Mais évidemment la vraie question n’est pas là. Si le déroulement de l’histoire est logique, pourquoi Jésus est-il allé jusqu’au bout malgré tout ce qui l’attendait. Autrement dit pourquoi est-il allé jusqu’à mourir pour nous ? Il s’est littéralement sacrifié pour nous, pour accomplir sa mission jusqu’au bout.

C’est ce qui dit l’apôtre Paul, dans le texte de ce matin. Lorsqu’il écrit aux chrétiens de Corinthe « Jésus est mort pour tous ».

Lecture : 2 Corinthiens 5.14 à 19

 

Lorsque j’étais ado j’ai entendu un reportage à la radio sur une situation tragique, je ne sais plus où, c’était dans un endroit où la faim sévissait. Je ne me rappelle plus de quoi il s’agissait, je me souviens simplement d’une phrase qui m’avait profondément ému : le reporter à dit « j’ai vu des mères déjà amaigries par la faim donner à leur enfant les quelques pommes de terre qui leur restaient. »

Sans aller aussi loin dans la tragédie, il est courant que des parents se sacrifient pour leurs enfants. Mais ce n’est pas parce que leurs enfants seraient coupables. C’est parce que les parents veulent faire le maximum pour leurs enfants. Les enfants passent avant tout et cela peut aller très loin.

Alors pourquoi, lorsque nous disons Jésus est mort pour nous, certains interprètent : il est mort à cause de nous ? Cela ne vient pas de l’apôtre Paul en tout cas. L’apôtre annonce que nous sommes réconciliés avec Dieu. Dieu nous rend justes, nous sommes justes. Donc nous ne sommes pas coupables de quoi que ce soit devant Dieu.

Pourtant, dans un instant nous allons chanter je cite « de tes tourments nous sommes cause ». C’est en effet un très beau cantique et il met en avant l’amour du Christ pour les humains. Mais il adopte aussi un courant théologique qui dit « Christ s’est sacrifié pour nous » pas dans le sens des parents qui se sacrifient pour leur enfant, mais dans le sens d’un sacrifice brutal offert à Dieu pour l’amadouer.

Cette idée vient d’Anselme de Cantorbéry, il y a presque 1000 ans maintenant. Il cherchait une logique dans le destin tragique du Christ. Saint Anselme a eu l’idée de lier la mort du Christ au péché originel. Pour lui, c’est un moyen de réparer ce péché originel. Quand on commet une faute, il faut la réparer, on est flashé sur l’autoroute, on doit payer l’amande. Sauf que, si l’on suit l’idée de cet Anselme de Cantorbéry, ce n’est pas l’auteur de la faute qui paye, c’est le jeune qui passait en vélo et n’a pas été flashé.

L’ennui, c’est que Jésus n’a jamais parlé de péché originel. Et pour cause, l’idée de péché originel vient de St Augustin qui a vécu près de 500 ans après la mort du Christ. Et puis surtout, le sacrifice, dans la Bible n’a rien à voir avec l’idée d’offrir à Dieu un cadeau pour lui montrer notre bonne volonté.

Dans la Bile, l’animal n’est pas brûlé. Il est grillé et ensuite tout le monde le partage dans un grand festin. La traduction « sacrifice » ne rend pas vraiment le sens profond de ce rite. Mais il y a ainsi beaucoup de mots mal compris dans la Bible, tout simplement parce le monde de la Bible n’est pas le nôtre.

De plus, tout l’Ancien Testament s’oppose au sacrifice humain. Alors pourquoi Dieu aurait-il dû envoyer son fils se sacrifier pour nous ? Tout simplement pour stimuler notre courage dans l’adversité et pour nous aider à lutter contre le mal.

Nous naissons dans un monde marqué par d’immenses tragédies pour lesquelles nous ne pouvons rien, vu qu’il en est ainsi depuis bien longtemps avant notre naissance ! Nous n’avons pas demandé à naître dans un tel monde. Plus encore : si nous avions eu à choisir notre vie, nous n’aurions sans doute pas souhaité qu’elle se déroule ainsi. Mêmes les personnes heureuses auraient sans doute vécu autrement. Car nous avons tous des souffrances ou des difficultés.

Nous sommes tous, en quelque sorte, des compagnons de souffrance. En venant souffrir comme nous, mourir comme nous, Dieu devient tout simplement notre compagnon de souffrance. Il veut par là nous montrer à quel point il nous aime, à quel point il se sent proche de nous. Il a donc dû sacrifier sa position de Dieu tout puissant pour prendre notre position d’humains impuissants.

Si nous avions pu créer nous-même notre vi, je fais le pari que nous aurions évité soigneusement tout ce qui nous fait souffrir. Mais comme nul ne choisit sa vie, nous traversons tous des difficultés et nous avons tous besoin de tolérance, d’amour du prochain, de bienveillance réciproque. Ces vertus nous aident à vivre, à combattre le malheur, à vivre heureux malgré les difficultés.

Et cette tolérance, cet amour du prochain, cette bienveillance réciproque, Dieu est venu les vivre avec nous en Christ. Pourquoi ? D’abord pour nous montrer l’importance de ces vertus dans la lutte contre le mal et ensuite pour nous montrer qu’il est avec nous dans cette lutte contre le mal. Il est mort dans des souffrances terribles pour devenir compagnon de tous ceux qui souffrent, en particulier les victimes des malheurs les plus graves.

Il est notre compagnon dans la souffrance et de ce fait nous devenons ses compagnons de résurrection ! C’est ce que dit Paul : le Christ est compagnon des humains dans la souffrance et les humains sont compagnons du Christ dans la résurrection. Amen

 

Chant : Alleluia 33-11.1 à 4, Pour quel péché Jésus

 

Prière pour tous

Seigneur notre Dieu

Nous pensons aux victimes de l’épidémie

Celles qui souffrent dans leur santé

Celles qui perdent leur travail.

Bien souvent, la maladie et le chômage

Touchent les plus fragiles.

Ces injustices nous peinent profondément

Que la solidarité atténue toutes ces souffrances.

Nous te prions pour le personnel de santé

Guide leur action, donne leur la force dont ils ont besoin.

Nous te prions pour les responsables de nos sociétés

Donne leur clairvoyance et courage.

Qu’ils se préoccupent à la fois

Des victimes sanitaires et des victimes économiques.

Seigneur notre Dieu nous te prions pour nous tous.

Protège-nous de la panique, c’est un mauvais maître.

Apprends-nous la prudence, c’est une bonne conseillère.

Seigneur notre Dieu,

Toi qui dis sans cesse : « N’ayez pas peur »

Fais-nous sentir ta présence parmi nous. Amen

 

Claude Demissy, commission Culte et Vie communautaire.