Dans nos sociétés qui se distancient du religieux, quels sont les rituels familiaux ?
Est-il encore besoin d’un rite communautaire comme le baptême, pour avoir
le sentiment d’appartenance ou les rituels adaptés l’ont-ils remplacé ?

 

Le rapport à la religion baisse fortement, au sein des familles en Suisse, les recensements statistiques l’attestent. Sans tirer de conclusions hâtives, il est clair, et observable dans nos pratiques, que les rites se raréfient, les baptêmes encore plus.

Pourtant, lorsque nous abordons le sujet de la ritualité, les familles interrogées indiquent une grande diversité de pratiques. Que ce soit dans la manière de marquer un moment particulier de la journée, comme le coucher des enfants, ou le passage des ans en fêtant les anniversaires, il est surtout important de rendre ces instants signifiants. Le terme de rite est un élément compliqué à définir, car il revêt une multitude de significations selon le contexte d’où il provient. Selon les personnes interrogées, l’élément récurrent est celui du passage d’un état vers un autre. Il s’agit de marquer symboliquement les étapes clés du développement de l’enfant par exemple.

Chaque famille a ses propres habitudes, inspirées des pratiques sociales, religieuses du lieu de vie ou de la culture de celle-ci. En général, les rituels évoqués sont issus d’une longue tradition, certains sont communs à tous ; comme la naissance, la puberté, la vie en couple et la mort. De tout temps, les rituels ont permis
de jalonner une multitude d’événements de la vie courante.

Dans la conception chrétienne réformée, afin d’éviter certains écueils comme la maîtrise du sacré ou l’appropriation d’un rituel magique, le rite est initiatique. Il se produit une seule et unique fois dans l’existence et ne peut être répété.

Le baptême chrétien représente ce passage unique vers la vie renouvelée en Christ. La confirmation est une étape complémentaire au baptême, elle traduit le désir du baptisé de témoigner de sa propre foi. Paradoxalement le second sacrement reconnu est la commémoration au Christ, dans le repas de la cène. En nous souvenant de ce qui nous relie au divin, nous sommes amenés à revivre régulièrement cette étape de manière ritualisée et codifiée. Qu’il s’agisse de rites de seuil, de passage, d’intégration dans un groupe, ces pratiques rituelles sont des repères symboliques. Ils jouent un rôle particulier dans notre appropriation de l’espace et du temps. Ils signifient également la dimension sacrée, celle qui est invisible et mystérieuse.

Les rites ont l’avantage de rassembler, pour diverses raisons, les habitants d’un lieu, d’une même culture, d’une religion. Ils sont communautaires et donnent sens à
l’existence par le rapport à la vie, à la mort, au monde.

Ainsi nous sommes invités à élargir nos horizons, partant de nos rituels familiaux pour nous enrichir du rite unique. Celui qui nous fait passer, par le baptême, de la mort à la vie nouvelle en Jésus-Christ.

Sonia Thuégaz, diacre suffragante à la paroisse de l’Aubonne